Événements en Tunisie

Coupures d’électricité en Tunisie : quel impact sur la mobilité et les voitures électriques ?

Les coupures d’électricité sont redevenues un sujet important en Tunisie au cours de l’été 2026. Avec la hausse des températures et l’augmentation de la demande électrique, la STEG a annoncé plusieurs opérations de coupures tournantes dans différentes régions du pays.

Le 3 août, des délestages ont notamment été annoncés dans plusieurs zones, tandis que d’autres interruptions ont été signalées les jours suivants. Le 11 août, une coupure programmée était notamment annoncée à Ghomrassen, à Tataouine, dans le cadre de travaux sur des lignes électriques.

Cette situation soulève une question intéressante pour le secteur automobile : que se passe-t-il lorsque le réseau électrique est temporairement interrompu alors que les véhicules électriques et les infrastructures de recharge commencent à se développer ?

Pourquoi des coupures d’électricité sont-elles organisées ?

Les coupures tournantes, également appelées délestages, constituent une mesure utilisée pour préserver l’équilibre du réseau électrique lorsque la demande devient particulièrement importante.

Selon les informations communiquées concernant les coupures récentes, l’objectif est notamment de préserver la sécurité et la continuité du fonctionnement du réseau.

Pendant les périodes de forte chaleur, la consommation peut augmenter fortement, notamment à cause de l’utilisation intensive de la climatisation.

Le réseau doit alors gérer simultanément :

  • la consommation des ménages ;
  • la climatisation ;
  • les commerces ;
  • les entreprises ;
  • les infrastructures publiques ;
  • les équipements industriels.

Quel impact pour les automobilistes ?

Pour les propriétaires de véhicules thermiques, une coupure d’électricité n’empêche généralement pas directement de conduire.

Cependant, certains services liés à l’automobile peuvent être affectés.

Une station-service peut par exemple rencontrer des difficultés si certains de ses équipements nécessitent une alimentation électrique.

Les ateliers automobiles, les stations de lavage et certains équipements de service peuvent également être temporairement perturbés.

Mais l’impact devient encore plus intéressant lorsqu’on parle de voitures électriques.

Une voiture électrique dépend-elle entièrement du réseau ?

Une voiture électrique a besoin d’une source d’électricité pour recharger sa batterie.

Cela ne signifie toutefois pas qu’elle est incapable de fonctionner pendant une coupure.

Une voiture déjà chargée peut continuer à rouler normalement.

Le problème apparaît principalement lorsqu’un conducteur souhaite effectuer une recharge pendant une interruption du réseau.

Dans ce cas, une borne raccordée directement au réseau électrique ne pourra généralement pas fonctionner normalement pendant la coupure.

Les bornes de recharge deviennent un élément stratégique

Le développement de la mobilité électrique dépend directement de la disponibilité d’une infrastructure de recharge suffisamment fiable.

Energy Car a déjà abordé cette question dans un article consacré à l’évolution de l’infrastructure de recharge en Tunisie. La question reste particulièrement importante alors que les véhicules électriques progressent progressivement sur le marché.

Les coupures actuelles montrent qu’il ne suffit pas d’installer davantage de bornes.

Il faut également réfléchir à la résilience énergétique de ces infrastructures.

La recharge solaire peut-elle apporter une réponse ?

C’est ici que l’énergie solaire devient particulièrement intéressante.

Energy Car a déjà traité la possibilité de recharger une voiture électrique avec des panneaux photovoltaïques. Le principe consiste à utiliser directement l’électricité produite localement pour alimenter la recharge du véhicule.

Une installation solaire correctement dimensionnée peut donc réduire la dépendance au réseau électrique.

Cependant, il faut distinguer deux situations.

Installation solaire sans batterie

Lorsque les panneaux produisent de l’électricité, cette énergie peut être utilisée pour recharger le véhicule.

Mais lorsque le soleil disparaît ou lorsque le réseau est interrompu, la recharge peut être limitée selon la configuration de l’installation.

Installation solaire avec stockage

Avec une batterie stationnaire, l’électricité produite pendant la journée peut être stockée puis utilisée ultérieurement.

Cette configuration offre davantage de résilience.

Elle peut notamment permettre de continuer certaines opérations électriques pendant une interruption du réseau, à condition que l’installation soit conçue pour fonctionner en mode autonome.

Les coupures pourraient-elles accélérer l’autoconsommation ?

Paradoxalement, les difficultés rencontrées par le réseau peuvent renforcer l’intérêt pour les solutions énergétiques décentralisées.

Pour un particulier ou une entreprise, installer des panneaux photovoltaïques peut permettre de réduire la dépendance au réseau.

Pour une entreprise disposant de plusieurs véhicules électriques, cette approche pourrait également présenter un intérêt économique et opérationnel.

L’énergie solaire peut alors servir à plusieurs usages :

  • alimentation du bâtiment ;
  • recharge des véhicules ;
  • stockage ;
  • alimentation de certains équipements.

Une borne intelligente peut-elle améliorer la situation ?

La recharge intelligente constitue également une piste intéressante.

Energy Car a déjà abordé le développement des bornes intelligentes et leur capacité à adapter la recharge à la disponibilité de l’énergie.

Le principe consiste à ne pas charger systématiquement un véhicule à pleine puissance.

Le système peut prendre en compte :

  • la production solaire ;
  • la consommation du bâtiment ;
  • la puissance disponible ;
  • l’état de charge du véhicule ;
  • les besoins du conducteur.

Cela permet de mieux gérer la demande électrique.

Les voitures électriques peuvent-elles devenir une partie de la solution ?

À plus long terme, la voiture électrique pourrait même participer à la gestion énergétique.

Les technologies V2H et V2G permettent respectivement d’utiliser l’énergie de la batterie pour alimenter un bâtiment ou, dans certains cas, de la réinjecter dans le réseau.

Ces technologies ne sont pas encore généralisées en Tunisie et nécessitent une infrastructure compatible.

Mais elles montrent comment la voiture pourrait progressivement devenir davantage qu’un simple moyen de transport.

Elle pourrait devenir une véritable batterie mobile.

Un enjeu important pour la Tunisie

La situation actuelle rappelle que la transition vers la mobilité électrique ne doit pas être pensée uniquement autour des véhicules.

Il faut également développer simultanément :

  • la production d’électricité ;
  • les énergies renouvelables ;
  • les infrastructures de recharge ;
  • le stockage ;
  • les réseaux intelligents ;
  • la maintenance des équipements.

La mobilité électrique est donc directement liée à la politique énergétique du pays.

Les entreprises sont également concernées

Pour une entreprise disposant d’une flotte automobile, les coupures d’électricité peuvent avoir plusieurs conséquences.

Une entreprise qui recharge plusieurs véhicules électriques doit anticiper la disponibilité de l’énergie.

Elle peut notamment envisager :

  • une installation photovoltaïque ;
  • une batterie de stockage ;
  • plusieurs points de recharge ;
  • une gestion intelligente de la puissance ;
  • une programmation des recharges.

L’objectif est de ne pas dépendre d’un seul point d’alimentation.

L’été tunisien met le réseau à l’épreuve

Les épisodes récents montrent à quel point la demande électrique peut devenir un enjeu important pendant les périodes de forte chaleur.

Des coupures tournantes ont été annoncées dans plusieurs régions au début du mois d’août, tandis que de nouvelles interruptions ont encore été signalées le 11 août.

Le sujet dépasse donc largement l’automobile.

Il concerne également le tourisme, les commerces et les entreprises. Des professionnels du tourisme ont notamment signalé les difficultés provoquées par les coupures d’électricité et d’eau répétées pendant la période estivale.

Vers une mobilité plus résiliente ?

La question qui se pose désormais n’est pas simplement de savoir si la Tunisie doit développer les voitures électriques.

Il faut également se demander comment construire un écosystème électrique capable de les accompagner.

Le développement conjoint du solaire, du stockage, des bornes intelligentes et des réseaux modernes pourrait permettre de rendre la mobilité électrique plus résiliente.

Energy Car et la nouvelle mobilité

Pour Energy Car, l’évolution de l’automobile ne concerne plus uniquement les moteurs et les modèles.

Elle concerne également l’énergie, les infrastructures et les nouvelles technologies.

Les véhicules électriques, les bornes intelligentes, l’énergie solaire et le stockage sont appelés à jouer un rôle croissant dans la mobilité des prochaines années.

La question des coupures d’électricité rappelle simplement qu’une transition réussie nécessite de penser la voiture et l’énergie comme un seul écosystème.

Conclusion

Les coupures d’électricité en Tunisie constituent actuellement un sujet important pour les ménages, les entreprises et les professionnels du tourisme. Pour l’automobile, leur impact est particulièrement intéressant à observer avec le développement progressif des véhicules électriques.

Une coupure n’empêche pas une voiture électrique déjà chargée de circuler, mais elle peut perturber la recharge lorsque celle-ci dépend exclusivement du réseau.

Le développement du solaire, du stockage et des bornes intelligentes pourrait donc devenir un élément essentiel pour accompagner la transition vers une mobilité électrique plus fiable.

La voiture électrique de demain ne sera probablement pas seulement un véhicule : elle pourrait devenir une composante d’un nouveau système énergétique connecté.